Obsolescence programmée6 min pour lire

Avec l’arrivée de Noël, les magasins se frottent les mains. Il faut garnir le sapin de beaux cadeaux.
Je profite de cette période d’achats pour vous parler de l’obsolescence programmée.

L’obsolescence programmée est le fait de rendre un objet inutilisable ou démodé afin d’obliger l’utilisateur à en acheter un autre.

Même si ce concept est fortement discuté, il existe bel et bien dans certains cas.

L’exemple que l’on prend systématiquement pour illustrer ce concept est la lampe à incandescence de Livermore qui est allumée depuis 1901 ! Oui, une ampoule peut rester allumée 110 ans voire plus !
Bien entendu, sa luminosité a baissé mais la lampe est toujours bien présente et fonctionnelle.
Alors, pourquoi, chez vous, vous devez changer vos ampoules régulièrement ?
Tout simplement, une ampoule qui dure 100 ans n’est pas rentable pour les fabricants. Imaginez que vous ne deviez acheter qu’une seule fois un paquet d’ampoules durant toute votre vie voire même transmettre ces ampoules de génération en génération. Il n’y aurait plus beaucoup d’ampoules achetées ! Pour les fabricants, la rentabilité est loin d’être atteinte !
Du coup, il se dit que les constructeurs ont, il y a bien longtemps, décidés de limiter la durée de vie d’une ampoule à incandescence à 1000h approximativement.
De toutes façons, d’un point de vue technique, même si une ampoule est capable de briller plus de 100 ans, sa luminosité diminue fortement.

Alors, est-ce que tous les constructeurs font en sorte que les appareils qu’ils fabriquent tombent en panne après un certain temps ?
C’est discutable mais pas improbable. Mais il y a un risque avec ce genre de pratique : que l’utilisateur parte chez le concurrent.
Imaginons que votre machine à laver est programmée pour « mourir » 6 ans après l’achat. Il faut que, lorsque le moment venu de passer en magasin arrive, vous optiez pour la même marque. Sinon, ça n’a aucun intérêt pour le constructeur.
Voilà pourquoi l’obsolescence programmée est discutée.

Savez-vous par exemple que le bas nylon en vente dans les année 40 était si solide que les ventes ont chuté ? On a donc modifié légèrement la composition pour rendre les bas à nouveau filants afin d’obliger les consommatrices à passer par la caisse. Et oui, les collants qui ne filent pas ont existé mais retirés du marché car pas assez rentables. Quand on sait que certaines paires de collants se vendent 30€, on aimerait qu’ils durent un peu plus longtemps que 10 minutes !

Le plus facile pour obliger les utilisateurs à acheter encore et encore, c’est de rendre l’appareil inutilisable sans vraiment programmer une panne.
Prenons les cas d’un téléphone portable. La batterie lâche après 2 ans. La batterie n’est plus vendue par le constructeur. Le GSM devient inutilisable mais pourtant pas réellement en panne. Seule solution, passer par le magasin télécom le plus proche afin d’acheter un nouveau GSM.

Il est aussi possible d’obliger l’utilisateur à changer une pièce d’un appareil alors que cela n’est pas nécessaire. Les imprimantes sont un exemple magnifique : une puce dans la cartouche d’encre ou le toner indique que la cartouche est vide après X impressions. Pourtant, si on ouvre le toner, on s’aperçoit qu’il reste de la poudre.
Même si ce type de cartouche est interdit à la vente en Europe, il n’est pas difficile de programmer l’imprimante pour qu’elle n’utilise plus une cartouche après X impressions.

Un des plus bel exemple d’obsolescence programmée reste les vêtements. Cela s’appelle l’obsolescence esthétique.
Votre top est dans un état impeccable et pourtant vous ne voulez plus le mettre car il n’est plus à la mode. Vous allez donc acheter un nouveau top à la mode alors que, dans la pratique, celui qui se trouve dans votre garde-robe est toujours en très bon état de fonctionnement !
Afin d’obliger les consommateurs à régulièrement acheter de nouveaux vêtements, on crée une mode différente chaque année voire 2 fois par an.
Mais l’obsolescence esthétique ne concerne pas que les vêtements. Cela concerne beaucoup d’objets dans tous les domaines. Il suffit de créer une mode autour d’un objet. Je trouve que l’iPhone est un bel exemple : on crée un iPhone différent où on ajoute quelques petits gadgets histoire de donner un intérêt à un nouvel achat ensuite on attend que l’effet de mode prenne le relais. « Quoi? T’as encore ce vieux truc? ».
Le nouveau smartphone dernier cri vient de sortir et il est disponible en noir. Quand on en a bien vendu et que les ventes commencent à diminuer on sort une version blanche, rose ou tout autre couleur pouvant attirer l’un ou l’autre type de consommateur (chef d’entreprise, femme, adolescent,…).

Une des obsolescences les plus courantes reste le coût de réparation des objets. Lorsque vous achetez un ordinateur portable 400€ et que deux ans et 1 mois plus tard (soit 1 mois après l’expiration de la garantie légale) il tombe en panne.
La réparation revient à 310€ et le nouveau modèle d’ordinateur portable est à 450€. Pour le peu à ajouter, vous allez plutôt opter pour un nouvel achat plutôt qu’une réparation.
On oblige l’utilisateur à acheter un nouvel objet plutôt que de remplacer la pièce défectueuse.
Combien de fois n’avez-vous pas entendu dire que vos cartouches d’encore sont quasi plus chères que votre imprimante ?
C’est mon cas : mon imprimante laser coûte 89€ et chaque toner 49€. Lorsque je vais devoir remplacer les toners je vais débourser près de 200€ alors que si j’achète une nouvelle imprimante avec 4 toners, cela ne me reviendra qu’à 89€.

Enfin, il y a la technologie. On évite de sortir de nouvelles technologies trop vite sinon le consommateurs ne suivrait pas et l’investissement dans la création de cette technologie serait perdu.

Comme vous le constatez, il est loin le temps où on achetait une télévision pour la vie. Aujourd’hui, on l’achète pour 10 ans (dans le meilleur des cas) car soit elle tombera en panne (panne programmée volontairement ou non, chacun se fait son opinion) soit elle sera démodée et il faudra absolument avoir l’écran encore plus plat que celle du voisin.

Cette obsolescence programmée si elle permet à l’économie de fonctionner pose un gros problème au niveau de l’écologie.
Le recyclage n’étant pas encore très développé (beaucoup se contentent de jeter à la poubelle un GSM défectueux plutôt que de le rapporter au parc à conteneurs) cela provoque beaucoup plus de déchets que si on utilisait nos appareils jusqu’à la fin réelle de leur vie. Sans parler des matières premières qui, tôt ou tard, manqueront (je pense par exemple à tout ce qui est fabriqué à base de pétrole).

Même si on ne peut pas prouver qu’un constructeur programme son appareil pour qu’il tombe en panne après x mois d’utilisation, il y a d’autres moyens d’obliger les gens à acheter un nouvel appareil.
Allez, quelques petits exemples pour la route : un ordinateur trop vieux pour faire tourner la nouvelle version d’un logiciel, une nouvelle technologie comme la 4G sur les smartphone, l’image en 3D sur les télés oblige à passer au LED,…

Alors, à défaut de pouvoir utiliser un objet pour la vie, lorsqu’il devient inutilisable, portez-le au parc à conteneurs pour recyclage. Si votre pantalon est démodé, gardez-le dans un carton car il reviendra surement à la mode dans quelques années.

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