[USA] Des enfants « de seconde main »

Pendant qu’en France on entend régulièrement « Un papa, une maman blablabla » et qu’on s’empoigne pour savoir si oui ou non les couples homosexuels ont les capacités d’adopter, aux Etats-Unis on trouve des annonces plutôt insolites sur internet.

Jeune garçon, 4 ans, bon état général, très peu servi. Capacité intellectuelle limitée mais une mise-à-jour devrait sortir dans quelques temps.
Echange possible contre chaton ou PlayStation.
Pas sérieux s’abstenir.

D’accord, j’avoue, j’exagère. Mais tellement peu.

On appelle cela le « private re-homing ». Cela consiste à « donner » un enfant qu’une famille a adopté mais qui ne désire plus garder l’enfant.
Un peu comme on le fait avec un chat ou un chien. D’ailleurs, le terme « re-homing » est utilisé pour les animaux à la base.

L'acte notarié de réadoption. Source : Reuters
L’acte notarié de réadoption.
Source : Reuters

Pour adopter aux USA, il faut obtenir l’autorisation des services sociaux. Par contre, pour le « re-homing », une simple signature sur un acte notarial suffit. Pas d’enquête, pas d’attente, pas d’argent.

Car adopter peut coûter cher et prendre beaucoup de temps alors que prendre un enfant « de seconde main » ne coûte rien si la famille veut absolument s’en débarrasser au plus vite.

Ces annonces se trouvaient sur Yahoo mais depuis l’enquête menée par Reuters¹, Yahoo! a fermé les différents Yahoo! Groupes qui proposaient des enfants à réadopter.
Par contre, Facebook a refusé de fermer les pages où il est possible de publier de telles annonces.
D’après un porte-parole de Facebook, « internet est le reflet de la société que les gens utilisent pour toutes sortes de communications et régler toutes sortes de problèmes ».
En gros, pour Facebook, il est interdit de montrer les seins d’une femme à l’occasion d’une campagne contre le cancer du sein mais il est tout à fait possible de « refourguer » un enfant qu’on a adopté mais dont on veut se débarrasser.
Je trouve la politique de Facebook de plus en plus gerbante!

Parce qu’il s’agit bien de « refourguer » un enfant. Des couples (ou des célibataires) adoptent un enfant (généralement de pays comme la Russie, l’Ukraine, Chine,…) puis se rendent compte que les enfants ne sont pas en bonne santé. Et qu’il faut donc s’en occuper plus que prévu et, surtout, qu’ils coûtent plus chers que prévus.
Ou alors, comme avec un chien, les adoptants ne s’imaginaient pas que cela demandait autant de temps et d’énergie pour élever un enfant.

Page Facebook où on trouve ces annonces. Source : Reuters
Page Facebook où on trouve ces annonces.
Source : Reuters

Alors, on place une annonce sur internet. On donne un enfant qui, de toute façon, n’est pas le sien.

Imaginez un peu le choc psychologique pour cet enfant : ses parents ne l’ont pas aimé et l’ont donné. Ses parents adoptifs, même chose. Et parfois même les nouveaux parents adoptifs n’en veulent plus et passent à leur tour une annonce.

Vu qu’il n’y a aucune enquête sur les réadoptants, tout est possible comme cette « réadoptante » à qui les services sociaux ont retiré les enfants biologiques car elle avait des problèmes psychologiques (à lire dans l’enquête de Reuters¹).

C’est également un supermarché de rêve pour les pédophiles : il suffit de choisir sur base des photos et des descriptions, d’envoyer un email et d’avoir son petit-amour dans la plus grande légalité.

Je suis honteuse de le dire mais nous détestons vraiment ce garçon.

C’est un exemple d’annonce qu’on peut lire sur ces groupes ou pages proposant des enfants à réadopter.

Nous avons adopté une fille de 8 ans en Chine. Malheureusement nous sommes dépassés après 5 jours à la maison

Les enfants adoptés dont les parents adoptifs veulent se débarrasser ont généralement entre 6 et 14 ans. Le plus jeune était âgé de 10 mois.
Et des abus, il y en a. Une fille russe a expliqué que le garçon de la maison a uriné sur elle après qu’ils aient eu des rapports sexuels. Cette russe a été « réadoptée » 3 fois en 6 mois.

Une fille d’Haïti a été proposée au re-homing à 14, 15 et 16 ans.  Comment se construire une vie équilibrée dans une telle situation?

Je ne serais même pas étonnée de voir un pic d’annonces à l’approche des vacances!

Voilà où nous en sommes aujourd’hui : adopter un enfant comme on adopte un animal et s’en débarrasser dès que cela devient trop contraignant… comme avec un animal.

On voit des tas de groupes se former et lutter contre l’adoption par les homosexuels (généralement des groupes catholiques conservateurs) mais personne ne bouge quand des enfants sont abandonnés plusieurs fois et proposés comme de vulgaires animaux sur internet.

Là, vraiment, on peut dire que ce n’est point net…

¹ L’enquête de Reuters à lire. Attention, c’est long et en anglais mais ça fait bondir.

 

2 commentaires sur “[USA] Des enfants « de seconde main »

  1. En effet, c’est épouvantable !!! Comment des gens peuvent ils se comporter ainsi ??!!
    Ca me brise le coeur pour tous ces enfants !!! Mais dans quel monde vivons nous ? je suis abasourdie …

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