Le journalisme aujourd’hui est pathétique

Le monde est bizarre. Tellement bizarre qu’il est parfois difficile de faire la différence entre la vraie information et la fausse.
Dans le domaine de la fausse information, un site internet a fait sa place : Le Gorafi.

Ce site titrait il y a quelques jours « Des sans-abris viennent en aide spontanément aux malheureux qui ont passé la nuit dehors pour acheter l’iPhone 6 »
Après lecture du billet, il en ressort clairement que l’information est satirique et a pour but de se moquer des accroc à l’iPhone. En effet, il est totalement impossible que des personnes qui n’ont rien donne le peu de soupe qu’ils ont à des personnes qui vont s’acheter un téléphone à 1000€.

Résumons :
– Nous avons un site parodique très connu
– Nous avons un article capilotracté

Bref, impossible de tomber dans le panneau.

Pourtant, une série de personnes résistent encore et toujours à l’envahisseur et y croient dur comme fer. Parfois même vont jusqu’à boire les paroles de ce site (que je trouve assez drôle, je l’avoue!).
Quelqu’un qui tombe sur le site pourrait, éventuellement, tomber dans le panneau si il ne fait pas attention au nom du site.

Par contre, lorsqu’un journaliste professionnel se fait berner et va jusqu’à publier « l’information » sur le site du journal qui l’emploie, là on atteint des sommets.

Le Gorafi/Sud Presse - même combat
Source : Page Facebook de Snooze/RTBF, https://www.facebook.com/purefmsnooze

Il est loin le temps du journalisme d’investigation. Aujourd’hui, les journalistes professionnels se contentent d’une tasse de café et d’une connexion internet. L’information, ils vont la chercher sur Facebook. Puis la recopient. Parfois en modifiant l’une ou l’autre ligne histoire de justifier leur salaire.

Entendons-nous bien, je ne critique pas Sud Presse en particulier, même si ce sont eux qui ont fait cette monumentale erreur. Sud Presse n’est pas le seul groupe de presse à faire ce genre de bourde. Ce que je critique ici, c’est le journalisme d’aujourd’hui. Celui où on voit une information quelque part et où on se contente de faire un copier-coller (parfois en traduisant) sans même vérifier l’information.

Même moi, sur ce blog, j’essaie de vérifier l’information (je pense vous avoir déjà expliqué ma méthode). Je trouve donc inadmissible qu’un journaliste professionnel en fasse moins que moi.
Certains blogueurs font des articles plus recherchés que des journalistes.

Mais ça ne s’arrête pas là. Sur la page Facebook de Snooze où cette erreur a été mise en avant, une personne du groupe de presse a commenté la photo

sudinfo1

Une journaliste qui ne connaît pas Le Gorafi, déjà, c’est mauvais signe. Tout journaliste normalement constitué et qui aime son métier connaît ce site.

Sudinfo2

Et bien, au risque de me faire des ennemis chez les « journalistes », oui, il faut relire. C’est ton métier! Tu es payé pour ça. Tu es payé pour informer la population. Tu as été formé pour enquêter, pour faire la différence entre le vrai et le faux, pour être capable d’aligner trois mots qui formeront une phrase. C’est la base même du journalisme. Alors si un journaliste n’est pas capable de faire son métier, il faut qu’il change. Il ne me viendrait pas à l’idée de me faire engager chez un menuisier alors que je ne suis même pas capable de déplacer un meuble en bois sans me transpercer le doigt par une écharde!

Et tout le problème est là : on n’a plus le temps. On a plus l’envie. Mais surtout : il faut faire du chiffre, quoi qu’il en coûte.

Encore une fois : ma critique ne va pas à Sud Presse ou l’auteur de ces commentaires mais bien au journalisme en général. Qui n’est plus qu’un simple copier-coller de ce qui passe sur Facebook.

Ceci me permet, une fois de plus, de vous mettre en garde sur ce que vous lisez et entendez, que ce soit sur internet, la presse écrite, la télévision, la radio, dans la rue,…
Ce n’est pas parce qu’on vous le dit que c’est vrai. Il faut toujours vérifier l’information, ne fut-ce qu’en consultant différentes sources afin de s’assurer que toutes disent la même chose. Il en va de l’avenir de l’humanité.

Quand on voit la quantité de fautes d’orthographe et de grammaire à la télévision ou la presse et quand on voit que les « journalistes » ne prennent même plus la peine d’investiguer ou simplement vérifier les sources, il n’est pas étonnant de voir le monde s’abrutir chaque jour un peu plus. Heureusement, le Mondial du football ou Secret Story sont là pour relever le niveau (c’est ironique aussi, je le précise au cas où un journaliste passerait par ici).

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